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Comment est calculée votre pension de retraite, de la base à la complémentaire

Comment est calculée votre pension de retraite, de la base à la complémentaire

Le calcul de la pension de retraite d'un salarié du privé additionne deux étages : une retraite de base, égale au revenu annuel moyen des 25 meilleures années multiplié par un taux (50 % au taux plein) et par la part des trimestres validés, puis une retraite complémentaire Agirc-Arrco calculée en points. Le montant de votre retraite dépend de trois éléments de calcul : salaire, nombre de trimestres et âge de départ en retraite. Formule de la retraite de base, décote, minimum de pension, exemple chiffré et simulateur retraite officiel : voici comment estimer le montant de votre pension de retraite en 2026, d'après service-public.gouv.fr.

La pension de base en quatre paramètres

Revenu annuel moyen
moyenne des 25 meilleures années de salaire brut, plafonnées et revalorisées.
Taux de liquidation
50 % au taux plein, réduit par la décote s'il manque des trimestres.
Durée d'assurance
trimestres validés divisés par le nombre de trimestres requis pour votre génération.
Âge de départ
il fixe l'ouverture des droits ; le taux plein devient automatique à 67 ans.

La formule de calcul de la retraite de base du régime général

La retraite de base des salariés du secteur privé est versée par l'Assurance retraite (la Cnav, et les Carsat en région). Sa formule de calcul tient en une ligne, publiée sur service-public.fr : revenu annuel moyen × taux × (durée d'assurance ÷ durée requise). Chaque terme a ses propres règles, et c'est leur combinaison qui explique pourquoi deux personnes au même salaire n'obtiennent pas le même montant de la pension.

Le premier terme, le revenu annuel moyen (on parle aussi de salaire annuel moyen, ou SAM), reflète le niveau de vos rémunérations. Le deuxième, le taux de liquidation, récompense ou pénalise l'âge de départ et la durée de carrière. Le troisième, le coefficient de proratisation, ramène la pension à la fraction de carrière effectivement validée : avec 160 trimestres sur 172 requis, vous ne percevez que 160/172 de la retraite de base à taux plein.

Le résultat est une pension brute annuelle, divisée par douze pour obtenir le versement mensuel. S'ajoutent ensuite, le cas échéant, une majoration pour enfants, la surcote, ou au contraire un écrêtement au plafond. La retraite de base maximum est bornée : elle ne peut pas dépasser 50 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 2 002,50 euros brut par mois en 2026 d'après la fiche officielle, sauf surcote qui permet de franchir ce plafond.

Ce calcul de la retraite de base ne concerne que le premier étage. Pour un salarié du privé, la complémentaire Agirc-Arrco représente une part importante du total, d'autant plus grande que le salaire dépassait le plafond de la sécurité sociale. Comprendre comment est calculée ma retraite revient donc à refaire deux calculs distincts, avec deux logiques différentes.

Le revenu annuel moyen : quelles années comptent ?

Le revenu annuel moyen correspond à la moyenne des salaires bruts des 25 meilleures années de la carrière, pour les assurés nés à partir de 1948. Les années ne sont pas forcément consécutives : la caisse retient les 25 années où vous avez le plus gagné, après revalorisation.

Plafonnement et revalorisation des salaires

Chaque salaire annuel n'est retenu que dans la limite du plafond de la sécurité sociale de l'année concernée. Un cadre qui gagnait deux fois ce plafond ne voit compter qu'un plafond : la partie au-delà alimente seulement sa complémentaire. Les salaires anciens sont ensuite revalorisés par des coefficients fixés chaque année, pour ne pas pénaliser une rémunération perçue il y a trente ans. L'année du départ n'entre pas dans la moyenne.

Moins de 25 années pour certains parents

La fiche service-public précise un aménagement : la période de référence est ramenée à 24 ans avec un enfant et à 23 ans à partir de deux enfants, pour les assurés concernés par ces majorations. Moins d'années retenues, c'est mécaniquement une moyenne plus élevée, puisque les années les plus faibles sortent du calcul.

En pratique, une carrière avec des débuts au salaire minimum puis une progression régulière voit ses premières années écartées. Une carrière hachée, avec des périodes de chômage ou de temps partiel au milieu, peut en revanche tirer la moyenne vers le bas si les 25 meilleures années incluent des années incomplètes. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'estimation affichée par un simulateur retraite évolue d'une année sur l'autre.

Le taux de liquidation, la décote et la surcote

Le taux plein est de 50 %. Il s'obtient soit en réunissant le nombre de trimestres requis pour votre année de naissance, soit en partant à l'âge du taux plein automatique, fixé à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres. Certaines situations l'ouvrent aussi dès l'âge légal : inaptitude au travail, invalidité, certaines incapacités permanentes reconnues.

Quand il manque des trimestres et que vous partez avant 67 ans, une décote s'applique. Selon service-public.fr, elle retire 0,625 point de taux par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres. Le taux peut donc descendre jusqu'à 37,5 %. Le nombre de trimestres manquants retenu est le plus favorable entre deux comptes : les trimestres qui manquent pour atteindre la durée requise, et ceux qui manquent pour atteindre 67 ans.

À l'inverse, la surcote majore la pension lorsque vous continuez à travailler après avoir atteint à la fois l'âge légal et le nombre de trimestres requis. Chaque trimestre cotisé au-delà augmente la retraite de base de 1,25 %, de façon définitive. La surcote est le seul mécanisme qui permet de dépasser la retraite de base maximum.

Ces deux mécanismes jouent sur le taux, alors que la proratisation joue sur la durée. Un départ anticipé sans le nombre de trimestres requis cumule donc deux réductions : le taux baisse, et le coefficient de durée aussi. C'est ce double effet qui rend parfois un départ de quelques mois plus tard nettement plus rentable.

Âge de départ et nombre de trimestres requis par génération

La réforme de 2023 a relevé progressivement l'âge légal et la durée d'assurance. Les valeurs ci-dessous sont celles affichées par service-public.fr à la date de rédaction ; elles intègrent le calendrier en vigueur en 2026 pour chaque année de naissance.

Date de naissanceÂge légal de départTrimestres requis pour le taux plein
1958 à 196062 ans167
1er janvier 1963 au 31 mars 196562 ans et 9 mois170
Avril à décembre 196563 ans171 à 172 selon le trimestre de naissance
196663 ans et 3 mois172
196763 ans et 6 mois172
196863 ans et 9 mois172
À partir de 196964 ans172

Ce calendrier a été modifié à plusieurs reprises depuis 2023 : avant de fixer une date de départ, vérifiez les valeurs de votre génération sur le site officiel ou dans votre espace personnel, car une règle lue dans un article ancien peut être périmée. L'âge du taux plein automatique, lui, reste fixé à 67 ans.

Comment valider un trimestre

Un trimestre ne correspond pas à trois mois de travail : il se valide par un montant de salaire soumis à cotisations, égal à 150 fois le SMIC horaire brut, dans la limite de quatre trimestres par année civile. Un salarié à temps partiel peut donc valider ses quatre trimestres dans l'année s'il atteint ce seuil de rémunération. S'ajoutent les trimestres assimilés, sans cotisation : chômage indemnisé, arrêt maladie, congé maternité, invalidité, service national. Ils comptent dans la durée d'assurance, mais pas toujours dans les trimestres cotisés exigés pour une carrière longue.

Un exemple de calcul de ma retraite de base

Prenons un cas d'école, purement illustratif, pour voir la formule de calcul fonctionner. Une salariée née en 1969, qui part à 64 ans avec 172 trimestres validés et un revenu annuel moyen de 30 000 euros sur ses 25 meilleures années revalorisées :

  • taux : 50 %, puisque le nombre de trimestres requis est atteint ;
  • proratisation : 172 ÷ 172, soit 1 ;
  • pension annuelle brute : 30 000 × 50 % × 1 = 15 000 euros, soit 1 250 euros brut par mois.

Si la même personne part à l'âge légal avec seulement 164 trimestres, il lui en manque 8. La décote retire 8 × 0,625 = 5 points de taux, qui passe à 45 %. La proratisation devient 164 ÷ 172. Le calcul donne 30 000 × 45 % × 164/172, soit environ 12 872 euros par an, ou 1 073 euros brut par mois. Huit trimestres manquants coûtent ici près de 14 % de la retraite de base, et cette perte est définitive.

Ces montants sont bruts : la pension supporte ensuite la CSG, la CRDS et la contribution de solidarité pour l'autonomie (Casa), à des taux qui dépendent du revenu fiscal de référence. Le net versé est donc inférieur, et il varie selon la situation fiscale du foyer. Sur ce point, notre guide de la déclaration de revenus des particuliers détaille comment les pensions s'inscrivent dans la déclaration annuelle.

Calcul de la retraite de base : trois situations qui changent l'estimation

Un enfant ouvre-t-il droit à des trimestres supplémentaires ?

Oui pour les mères dans le régime général : chaque enfant ouvre droit à des trimestres supplémentaires au titre de la maternité ou de l'adoption, puis de l'éducation, ces derniers pouvant être partagés entre les parents. Ces trimestres s'ajoutent à la durée d'assurance et peuvent éviter une décote. Ils ne sont en revanche pas des trimestres cotisés au sens de la carrière longue.

La majoration pour trois enfants s'applique-t-elle aux deux parents ?

La majoration de 10 % de la retraite de base est accordée à chaque parent ayant eu ou élevé au moins trois enfants. Elle s'applique au montant de la pension après calcul. La complémentaire Agirc-Arrco prévoit aussi une majoration pour enfants, plafonnée, selon ses propres règles.

Que se passe-t-il quand la pension calculée est très faible ?

Le minimum contributif relève la retraite de base d'un assuré qui part au taux plein avec de petits salaires. En 2026, service-public.fr l'indique à 756,29 euros brut par mois, porté à 903,94 euros si au moins 120 trimestres ont été cotisés. Il est réduit à proportion lorsque la carrière est incomplète, et il n'est accordé que si l'ensemble des retraites perçues ne dépasse pas 1 410,89 euros brut par mois. Au-delà, l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) peut compléter de faibles ressources, sous conditions.

La retraite complémentaire Agirc-Arrco, un calcul en points

La complémentaire des salariés du privé ne repose ni sur un salaire moyen ni sur un taux. Tout au long de la carrière, les cotisations versées sur le salaire achètent des points : chaque année, le nombre de points acquis est égal aux cotisations divisées par le prix d'achat du point, appelé salaire de référence. Au départ, la pension annuelle brute est égale au total des points multiplié par la valeur du point fixée par le conseil d'administration de l'Agirc-Arrco.

Cette logique a deux conséquences. D'une part, toutes les années comptent, pas seulement les 25 meilleures : une année faible rapporte peu de points, mais elle n'en retire aucun. D'autre part, les salaires au-delà du plafond de la sécurité sociale cotisent à un taux plus élevé et alimentent fortement la complémentaire, ce qui explique sa place dans le montant total pour les cadres.

Les points peuvent aussi être attribués sans cotisation pour certaines périodes (chômage indemnisé, arrêt maladie de longue durée, invalidité). Le coefficient de solidarité, cette minoration temporaire qui frappait les départs dès l'obtention du taux plein, ne s'applique plus aux pensions prenant effet depuis le 1er décembre 2023. Le relevé de points figure dans votre espace personnel Agirc-Arrco comme sur info-retraite.fr.

Concrètement, pour estimer cette part, il faut connaître trois données : le nombre de points déjà acquis, une hypothèse sur les points à venir, et la valeur du point, revalorisée chaque année. Les simulateurs officiels font ce calcul à partir de vos données réelles, ce qui est plus fiable qu'un calcul fait à la main sur une hypothèse de salaire.

Fonctionnaires, indépendants, professions libérales : d'autres règles

La formule de la retraite de base du régime général ne vaut que pour les salariés du privé et les contractuels. Les autres régimes ont leur propre mode de calcul :

  • Fonction publique : la pension des fonctionnaires titulaires est calculée sur le traitement indiciaire brut détenu pendant les six derniers mois, avec un taux pouvant atteindre 75 % pour une carrière complète. Les primes n'y entrent pas, elles alimentent la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP), en points.
  • Artisans et commerçants : leur retraite de base est alignée sur le régime général et gérée par l'Assurance retraite ; leur complémentaire est un régime en points propre aux indépendants.
  • Professions libérales : une retraite de base commune en points, gérée par la CNAVPL, puis une complémentaire propre à chaque section (CIPAV, caisses des médecins, des notaires, etc.).

Le cas du fonctionnaire : traitement, bonifications et minimum garanti

Pour un fonctionnaire, la retraite se calcule sur le traitement indiciaire brut des six derniers mois, à condition d'avoir détenu l'indice depuis au moins six mois. Le taux de 75 % est atteint quand le fonctionnaire réunit le nombre de trimestres exigé pour sa génération ; à défaut, la pension est proratisée et une décote peut s'appliquer, selon des règles propres au service des retraites de l'État ou à la CNRACL pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers. Des bonifications ajoutent des trimestres sans service effectif : services hors d'Europe, bonification pour enfants nés avant 2004, ou bonification dite du cinquième pour certains métiers actifs. Le fonctionnaire en catégorie active (policier, aide-soignant hospitalier, surveillant pénitentiaire) peut aussi partir plus tôt que l'âge légal.

Un minimum garanti joue pour le fonctionnaire dont la pension calculée serait trop basse, sous conditions de durée de services. Le fonctionnaire qui quitte l'administration avant d'avoir droit à une pension voit ses services rebasculés vers le régime général et l'Ircantec. Enfin, chaque fonctionnaire peut consulter son compte individuel de retraite dans l'espace personnel de son régime, pour vérifier les services et bonifications retenus.

Racheter des trimestres : utile ou non ?

Le rachat de trimestres permet de faire entrer dans le calcul des années d'études supérieures ou des années incomplètes, dans la limite de 12 trimestres. Il coûte cher et son prix dépend de l'âge, du revenu et de l'option choisie (taux seul, ou taux et durée d'assurance). Il est surtout utile quand quelques trimestres manquent pour annuler une décote ; une demande d'évaluation auprès de la caisse donne le coût exact avant toute décision, et un conseiller retraite peut comparer ce coût au gain mensuel attendu.

Si vous avez changé de statut en cours de carrière, chaque régime calcule sa part. Les régimes alignés (salarié, artisan, commerçant, salarié agricole) appliquent toutefois une liquidation unique pour la retraite de base : un seul calcul de la retraite sur l'ensemble des salaires et revenus. Les règles de protection sociale des indépendants sont présentées dans notre dossier sur les droits du travailleur indépendant.

Comment simuler ma retraite en ligne avec les services officiels ?

Le plus sûr pour estimer le montant de votre retraite est de passer par les services publics inter-régimes, qui lisent vos données réelles au lieu d'hypothèses. Tout se fait depuis l'espace personnel du site info-retraite.fr, accessible avec FranceConnect.

  • Le relevé de carrière : il récapitule, année par année et régime par régime, les trimestres validés, les salaires retenus et les points acquis. C'est la première chose à contrôler : une période manquante (job d'été, service national, chômage) se corrige d'autant plus facilement qu'on s'y prend tôt.
  • Le service Mon estimation retraite : il donne, pour plusieurs âges de départ, le montant estimé de la pension de chaque régime, base et complémentaire réunies. C'est la simulation en ligne la plus complète, car elle part de votre carrière telle qu'elle est enregistrée.
  • Le simulateur retraite : il permet de modifier des hypothèses (salaire futur, période de chômage, temps partiel, départ anticipé) et de comparer leurs effets sur la pension.

Pour chaque retraite, base et complémentaire, le simulateur indique le montant de la retraite brut et une estimation nette, ce qui évite de refaire le calcul de la retraite à la main. Une personne qui a travaillé à l'étranger ou dans plusieurs régimes y retrouve aussi la part de chaque caisse, à condition que les périodes aient été déclarées.

Les caisses envoient aussi, sans démarche, une information périodique : un relevé de situation individuelle à 35, 40, 45 et 50 ans, puis une estimation indicative globale à partir de 55 ans et tous les cinq ans. Pour une personne née après les années 1970, ces estimations restent fragiles : elles extrapolent une carrière encore longue. À l'approche du départ, l'information devient précise et peut servir à choisir une date.

Les simulateurs privés, ceux des banques, assureurs ou sites d'épargne retraite, sont utiles pour une première idée, mais ils reposent sur des données déclaratives et des règles simplifiées. Ils servent souvent d'entrée vers un contrat d'assurance vie ou un plan d'épargne retraite : utiles pour préparer un complément, ils ne remplacent pas le calcul officiel de vos droits.

Pour une question précise, plusieurs aides existent. Les caisses de retraite proposent un entretien information retraite gratuit avec un conseiller, à partir de 45 ans, par téléphone ou en agence : il permet de faire le point sur la carrière, les trimestres manquants et les possibilités de départ. Un professionnel de la gestion de patrimoine ou un conseiller en prévoyance aborde plutôt la manière de compléter la retraite et de couvrir les risques (prévoyance décès, dépendance), avec une offre commerciale à la clé : il est utile de le savoir avant de prendre rendez-vous.

La retraite n'est pas qu'une affaire de montant : il est nécessaire de vérifier aussi la complémentaire santé après la fin du contrat de travail, et d'anticiper le budget du foyer. Les personnes à faibles revenus peuvent bénéficier de l'allocation de solidarité aux personnes âgées, à demander auprès de leur caisse de retraite, et d'une aide au logement selon leur situation personnelle. Ces allocations sont versées sous conditions de ressources et ne s'ajoutent pas d'office à la pension de retraite : la demande est personnelle.

Départ anticipé, retraite progressive et cumul emploi-retraite

Partir avant l'âge légal

Le dispositif carrière longue permet de partir avant l'âge légal lorsque l'activité a commencé jeune et que le nombre de trimestres cotisés est suffisant : dès 58 ans pour les assurés qui ont débuté avant 16 ans, dès 60 ans pour un début avant 18 ans, avec des paliers plus tardifs pour les débuts avant 20 ou 21 ans. D'autres départs anticipés existent pour handicap, incapacité permanente liée au travail ou exposition à l'amiante. Dans ces cas, la pension est en principe calculée au taux plein.

Réduire son activité avant la liquidation

La retraite progressive permet de travailler à temps partiel, entre 40 % et 80 % d'un temps plein, en touchant une fraction de la pension calculée sur les droits déjà acquis, à condition de justifier d'au moins 150 trimestres. La fraction versée correspond à la part non travaillée : à 60 % d'activité, vous percevez 40 % de la pension provisoire. Les cotisations continuent, et la retraite définitive est recalculée au départ complet. Le passage à temps partiel se négocie avec l'employeur ; ses règles relèvent du droit du travail du salarié.

Reprendre un travail après la retraite

Le cumul emploi-retraite autorise une activité professionnelle après la liquidation. Lorsqu'il est intégral (toutes les retraites liquidées au taux plein), il n'est pas plafonné, et depuis le 1er septembre 2023 les cotisations versées pendant cette reprise peuvent ouvrir une seconde pension, limitée et calculée selon ses propres règles. Hors cumul intégral, les revenus cumulés sont plafonnés et le dépassement réduit la pension.

Calcul de la pension de retraite : les erreurs qui coûtent le plus

La plupart des écarts entre l'estimation et le montant final viennent de quelques points récurrents, qu'un contrôle du relevé de carrière permet de corriger avant le départ :

  • Des trimestres non reportés : périodes à l'étranger, emplois de jeunesse, apprentissage, service national ou chômage non indemnisé mal déclaré. Chaque trimestre manquant coûte de la décote et de la proratisation.
  • Des salaires absents ou incomplets : une année retenue au mauvais montant fausse le revenu annuel moyen. Les bulletins de paie restent la meilleure preuve, d'où l'intérêt de les conserver toute la carrière.
  • Une date de départ mal choisie : partir un trimestre trop tôt peut faire perdre le taux plein, alors que quelques mois de plus peuvent ouvrir une surcote. La date d'effet de la pension est toujours le premier jour d'un mois.
  • Une demande tardive : la retraite n'est jamais versée d'office. La demande unique en ligne, sur info-retraite.fr, se dépose environ six mois avant la date souhaitée et vaut pour tous les régimes.
  • Une rupture de contrat mal anticipée : une fin de carrière par licenciement, rupture conventionnelle ou démission n'a pas les mêmes effets sur l'indemnisation chômage, donc sur les trimestres assimilés. Les différences sont détaillées dans notre comparatif rupture conventionnelle ou démission.

Un dernier point concerne la réversion : au décès d'un assuré, son conjoint marié peut percevoir une partie de sa pension, sous conditions de ressources dans le régime général. Le partenaire de PACS et le concubin n'y ont pas droit. Cette part ne se calcule pas dans votre propre retraite, mais elle compte dans le budget d'un couple au moment de préparer la fin d'activité.

Le calcul de votre retraite repose enfin sur des paramètres qui bougent souvent : revalorisation annuelle des pensions au 1er janvier selon l'évolution des prix, valeur du point Agirc-Arrco, calendrier de l'âge légal. Une estimation faite il y a trois ans mérite d'être refaite, et une date de départ ne se fixe qu'après avoir consulté l'estimation à jour dans votre espace personnel.

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