La retraite en France repose sur trois critères cumulatifs pour le régime général des salariés : le nombre de trimestres validés, l'âge légal de départ et le salaire de référence. Depuis la réforme de 2023, l'âge légal est porté progressivement à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968, par décalage de trois mois par année de naissance. Le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier d'une retraite à taux plein (sans décote) est de 172 pour les générations nées à partir de 1965. Le salaire de référence est calculé sur la moyenne des 25 meilleures années de rémunération brute pour le régime général, revalorité chaque année.
Le calcul de la pension
La pension de retraite de base au taux plein représente 50 % du salaire annuel moyen de référence. Si vous partez avant d'avoir atteint le taux plein (à la fois en termes d'âge et de trimestres), une décote de 1,25 % par trimestre manquant est appliquée. À l'inverse, chaque trimestre travaillé au-delà du seuil du taux plein ouvre droit à une surcote de 1,25 %, ce qui augmente définitivement la pension. L'âge d'annulation automatique de la décote est fixé à 67 ans, même sans le nombre de trimestres requis. Votre relevé de carrière individuel, consultable gratuitement à tout moment sur info-retraite.fr, indique précisément les droits acquis dans tous vos régimes.
Départ anticipé pour carrière longue
Le départ anticipé pour carrière longue est possible dès 58 ans pour les assurés qui ont commencé à travailler avant 16 ans, et dès 60 ans pour ceux qui ont débuté avant 18 ans, sous réserve d'avoir validé le nombre de trimestres requis incluant un nombre minimum de trimestres cotisés avant l'âge pivot. Ce dispositif concerne principalement les personnes ayant exercé des métiers physiquement exigeants depuis un très jeune âge. La retraite anticipée pour incapacité permanente d'au moins 10 % s'ouvre dès 60 ans, avec des conditions de taux et de durée d'exposition à des facteurs de pénibilité.
La retraite progressive et le cumul emploi-retraite
La retraite progressive permet de réduire son temps de travail tout en commençant à percevoir une fraction de sa pension, sans attendre la liquidation définitive des droits. Elle s'adresse aux salariés dont le temps partiel représente entre 40 et 80 % d'un temps plein, avec au moins 150 trimestres validés. La pension perçue correspond à la fraction non travaillée. Le cumul emploi-retraite, à l'inverse, autorise la reprise ou la poursuite d'une activité professionnelle après la liquidation définitive des droits, en percevant simultanément pension et salaire. Depuis 2023, ce cumul peut dans certains cas ouvrir de nouveaux droits supplémentaires à retraite.
Retraite complémentaire et autres régimes
Le régime général Agirc-Arrco complète la retraite de base des salariés du privé en points capitalisés tout au long de la carrière. La retraite complémentaire représente en moyenne 40 à 60 % du montant total de la pension. Pour les fonctionnaires, le régime est unifié sur la base du dernier traitement indiciaire. Les professions libérales, artisans et commerçants relèvent de caisses spécifiques (CIPAV, CRN, etc.) avec des règles propres qu'il est utile de consulter régulièrement pour vérifier l'état de ses droits et anticiper une éventuelle retraite supplémentaire par capitalisation.









