Naissance du médicament : Procédures dAutorisation de Mise sur le Marché |
Par Géraldine MOLLET
Juriste dentreprise
Les laboratoires pharmaceutiques doivent déposer un dossier de demande dAutorisation de Mise sur le Marché au directeur de lAgence Européenne pour lévaluation des Médicaments (EMEA) ou de lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS).
En vertu de l article R.5128 du Code de la Santé Publique, la demande doit mentionner, « le nom et ladresse du responsable de la mise sur le marché et, lorsque celui-ci ne fabrique pas la spécialité pharmaceutique, le nom et ladresse du fabricant ».
Plusieurs autres indications devront être données tel que la composition intégrale du médicament, sa dénomination spéciale et évidemment le résumé des caractéristiques du produit.
Les autorités compétentes, européennes ou nationales, vont dès lors évaluer le dossier. Cette évaluation seffectue selon des critères « scientifiques de qualité, de sécurité et defficacité ».
Alors que la procédure nationale (de moins en moins utilisée) se destine aux médicaments qui ne seront pas commercialisés dans plus dun Etat membre, la seconde procédure, dite communautaire est utilisée lorsque le médicament à vocation à être distribué dans plusieurs Etats membres de la Communauté européenne.
1/ Les procédures communautaires denregistrement sorganisent autours de deux piliers
Il sagit de la procédure dite centralisée (définie dans le règlement CEE du Conseil n°2309/93) et de la procédure de reconnaissance mutuelle (prévue notamment dans la directive 75/319/CEE).
Leur utilisation se généralise car depuis le 1er janvier 1998 lenregistrement dun médicament international (cest à dire dans plus dun pays de la Communauté européenne) doit se faire par lune de ces deux procédures.
Dune part, la procédure centralisée est obligatoire pour les produits issus des biotechnologies, dits de liste I (cest à dire dangereux) et optionnelle pour les nouvelles substances actives, dite de stupéfiants (Un produit stupéfiant, est une substance psychotrope qui provoque laccoutumance et un état de besoin pouvant conduire à une toxicomanie cest à dire à une pharmacodépendance. La prescription et la délivrance sont limitées à 7, 14 et 28 jours).
Le demandeur, le laboratoire pharmaceutique le plus souvent, dépose un dossier de demande denregistrement à lEMEA dont le siège est à Londres.
Si lautorisation est accordée, elle lest pour tous les pays membres de lUnion européenne.
Dautre part, la procédure de reconnaissance mutuelle cest en fait la demande denregistrement dans lun des Etats membres appelés « Etat de référence ».
Une fois lautorisation accordée, elle peut être étendue aux autres Etats membres appelés « Etats membres concernés ».
Ce système est ouvert à tout médicament non soumis obligatoirement à la procédure centralisée, pourvu quil se destine aux marchés de plus dun Etat membre.
La procédure nationale reste applicable pour certains médicaments, dont la commercialisation, depuis 1998, se trouve limitée au marché dun seul Etat membre.
2/ La procédure Nationale
Le dossier de demande dautorisation de mise sur le marché doit être conforme à la Directive Européenne 65/65/CEE. Il doit donc être établi selon le modèle européen.
Ledit dossier est alors déposé par le laboratoire pharmaceutique à lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS).
La commission technique consultative d Autorisation de Mise sur le Marché (Art. R. 5140 et suivant du Code de la Santé Publique) doit évaluer selon des critères de qualité, defficacité et de sécurité le rapport Bénéfice/Risque.
Ici les membres de la commission ont pour rôle de définir « le risque acceptable ».
Le directeur de lAgence se prononce dans un délai de vingt jours à compter de la date de présentation du dossier complet. Ce délai peut-être prorogé de 90 jours ou suspendu si le directeur demande des informations
complémentaires (Art. 5134 à 5136 du Code de la Santé Publique).Une fois le médicament autorisé, il faut alors le situer parmi les autres produits déjà existants.Cest pourquoi, la commission de la transparence évalue lintérêt thérapeutique et le prix de remboursement du nouveau médicament.*
Pour ce faire, les membres de la commission tiennent compte des besoins thérapeutiques des patients concernés par ce nouveau produit et des bénéfices thérapeutiques quil va pouvoir procurer en terme de santé publique. Ils vont aussi déterminer le niveau de Service Médical Rendu (SMR).
3/ Effets de lAMM
Reste à préciser que lArticle L.5121-8 du Code de la Santé Publique dispose que « LAutorisation est délivrée pour une durée de cinq ans » et quelle est renouvelable par période quinquennale. La demande de renouvellement est présentée par le titulaire trois mois au plus tard avant la date dexpiration.
Le titulaire de lautorisation doit attester quà sa connaissance aucune modification nest intervenue dans les éléments produits à lappui de sa demande.
Dès lors, si celui-ci a connaissance dun nouvel effet secondaire, dune nouvelle contre indication, il a lobligation de le signaler à lAfssaps (la connaissance sapprécie à la lumière des données actuelles de la science).
Lautorisation peut-être modifiée, suspendue ou retirée par lAgence française de sécurité sanitaire des produits de la santé
(Art. L.5121-8 CSP ). La décision doit être motivée et nintervient « que lorsque la spécialité pharmaceutique est nocive dans les conditions normales demploi, que leffet thérapeutique fait défaut ou que la spécialité ne correspond pas à ce qui a été déclaré, que les renseignements fournis lors de la demande sont erronés, et que les contrôles nont pas été effectués » Art. R.5139 CSP .Le fait pour le fabricant ou pour le titulaire de lautorisation sil est distinct dhonorer toutes ces formalités na pas pour effet de lexonérer de la responsabilité quil encoure « dans les conditions du droit commun en raison de la fabrication ou de la mise sur le marché du médicament ou du produit »
Art. R.5121-9 CSP.