| ROLE DU JUGE EN MATIERE
DAUTORITE PARENTALE APRES LA LOI DU 4 MARS 2002 |
Par Laetitia MOUGENOT
Avocat à la Cour
www.mougenot.biz
L'autorité parentale a pour finalité
l'intérêt de l'enfant et doit permettre de le protéger dans sa sécurité, sa santé et
sa moralité, dassurer son éducation et de permettre son développement, dans le
respect dû à sa personne.
Elle est exercée en principe en commun par
les père et mère jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant.
La séparation des parents est sans
incidence sur les règles de dévolution de l'exercice de l'autorité parentale.
Cependant, de fait, le parent qui après
une séparation navait pas la garde des enfants avait parfois le sentiment sinon
dêtre privé de lautorité parentale du moins de devoir lutter avec
lautre parent pour pouvoir lexercer.
Aujourdhui,
la Loi nº 2002-305 du 4 mars 2002 parue au Journal Officiel du 5 mars 2002 va dans le
sens dun partage équitable entre le père et la mère.
Il est expressément prévu que chacun des
père et mère doit maintenir des relations personnelles avec l'enfant et respecter les
liens de celui-ci avec l'autre parent.
Dans ce contexte, le rôle du juge est
déterminant.
1/ Le juge est le garant de
l'effectivité du maintien des liens de l'enfant avec chacun de ses parents.
Ainsi, à la demande de l'un des parents ou
en cas de désaccord entre eux sur le mode de résidence de l'enfant, le juge peut
ordonner à titre provisoire une résidence en alternance dont il détermine la durée. Au
terme de celle-ci, le juge statue définitivement sur la résidence de l'enfant en
alternance au domicile de chacun des parents ou au domicile de l'un d'eux.
La garde alternée était déjà possible
et de nombreuses familles en bénéficiaient. Cependant elle nallait pas de soi et
les juges étaient réticents à laccorder. Désormais elle est expressément
prévue par les textes.
De même, tout changement de résidence de
l'un des parents, dès lors qu'il modifie les modalités d'exercice de l'autorité
parentale, doit faire l'objet d'une information préalable et en temps utile de l'autre
parent. En cas de désaccord, le parent le plus diligent saisit le juge aux affaires
familiales qui statue selon ce qu'exige l'intérêt de l'enfant
Le juge peut ordonner l'inscription sur le
passeport des parents de l'interdiction de sortie de l'enfant du territoire français sans
l'autorisation des deux parents.
2/ Le juge a un rôle de pacificateur
des relations entre les parents
En cas de désaccord, le juge s'efforce de
concilier les parties.
A l'effet de faciliter la recherche par les
parents d'un exercice consensuel de l'autorité parentale, le juge peut leur proposer une
mesure de médiation et, après avoir recueilli leur accord, désigner un médiateur
familial pour y procéder.
Il peut leur enjoindre de rencontrer un
médiateur familial qui les informera sur l'objet et le déroulement de cette mesure.
3/ Le juge peut se contenter dhomologuer laccord des
parents sur les modalité de garde.
Ainsi, les parents peuvent saisir le juge aux affaires familiales afin de faire homologuer la convention par laquelle ils organisent les modalités d'exercice de l'autorité parentale et fixent la contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant.
Le juge homologue la convention sauf s'il
constate qu'elle ne préserve pas suffisamment l'intérêt de l'enfant ou que le
consentement des parents n'a pas été donné librement.
Dans un contexte familial en constante évolution, il était important que le législateur donne un nouvel élan à lintervention des Juges aux affaires familiales, qui avaient dailleurs déjà pour la plupart pris la mesure des changements sociaux.
(Mars 2003)